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Le Palais Curtius et la résidence de Jean Curtius

curtius_photo_2Le « Palais » Curtius – résidence d’un riche patricien – est le bâtiment le plus emblématique du site du musée.

Il est dû à la volonté d’un personnage parmi les plus riches de la cité : Jean de Corte qui latinise son nom en Jean Curtius. Celui-ci avait bâti au XVIe siècle son immense fortune sur la production de poudre à canon.

L’immeuble faisait partie d’un très important ensemble architectural qui comprenait outre le « palais » qui servait de maison d’hôtes et de magasin, la résidence proprement dite de la famille, située en Féronstrée, ainsi que des communs très nombreux où l’on trouvait des logements pour les domestiques, des écuries, une galerie… ainsi qu’un jardin dont Philippe de Hurges (1615) décrit avec délectation la splendeur et le faste.

Cet ensemble est construit à l’emplacement d’une ancienne maison canoniale de Saint-Barthélemy que Jean Curtius avait acquise en 1592 de Peter de Heers.

Ce complexe architectural probablement entamé à partir de 1597 (confirmation papale de l’autorisation de vente) est achevé aux alentours des années 1603-1604 (dates inscrites dans les décors des cheminées intérieures au premier étage).

Jean Curtius n’y résidera que douze ans, cédant le bien à son fils Pierre en 1617, année ou il émigre en Espagne pour fonder à Leganez, à la demande du roi Charles VII, une des premières industries sidérurgiques. Il y meurt en 1628. La propriété est alors scindée en deux parties. Le « palais » est cédé au Mont de Piété qui y réalise des travaux comme la couverture de la terrasse, et la résidence qui restera dans la famille jusqu’en 1734.

Après être passées entre différentes mains, les deux entités sont rachetées par la Ville de Liège successivement en 1902 et 1921, reconstituant, trois cents ans après, la propriété de Jean Curtius. Le « palais » est restauré entre 1904 et 1909 par l’architecte Lousberg (1857-1912) qui reconstruit entièrement la tour et construit les galeries aujourd’hui en partie disparues. Ce bâtiment est caractéristique de l’architecture mosane du XVIIe siècle avec ses fenêtres à croisées à six, voire neuf jours (fenêtres), en pierre calcaire et briques sous une haute toiture en ardoises richement décorée et dorée. Les mascarons qui parent la façade ajoutent des éléments décoratifs et symboliques à la magnificence des décors intérieurs. Traitant de sujets divers, portraits et blasons, animaux fantastiques, scènes religieuses ou satyriques, ces mascarons sculptés en tuffeau de Meuse ont retrouvé leur polychromie originelle lors de la restauration des architectes Lesage et Satin en 2001.

Monument phare de l’architecture liégeoise et mosane, il abrite aux étages, les salles d’exposition temporaires de ce grand ensemble muséal, et au rez-de-chaussée on trouve les « period rooms » ou reconstitutions d’intérieurs des XVIe, XVIIIe et début XXe.

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