Sections
 
Vous êtes ici : Accueil Histoire et architecture Le quartier La collégiale Saint-Barthélemy et les collégiales de Notger

La collégiale Saint-Barthélemy et les collégiales de Notger

la collégiale saint-barthélemy et les collégiales de notgerL’église Saint-Barthélemy est la dernière des sept collégiales fondées à la fin du Xe- début du XIe s. Les collégiales liégeoises de l’ancien régime sont desservies par un chapitre de 30 chanoines. Une église paroissiale dans le voisinage immédiat sert aux fidèles. A côté de Saint-Barthélemy se trouvait l’église Saint-Thomas aujourd’hui disparue.

La chronologie habituelle du monument situe la fondation de cette collégiale vers 1015, moment de sa consécration par Godescalc de Morialmé sous le règne de l’évêque Baldéric II (1008-1018). Sa construction s’acheva par l’avant-corps (Westbau) vers 1180.

L’église actuelle est construite sur un plan en croix latine (à branches inégales) à trois nefs précédées d’un avant-corps. A l’origine, son décor intérieur était très simple : elle était portée par des colonnes enduites, en grès houiller, couverte d’un plafond en bois et dotée d’une seule entrée latérale, au sud. L’avant-corps s’ouvrait sur la nef centrale. Le chœur était situé à la croisée du transept : c’est là que se trouvaient les stalles des chanoines. Le sanctuaire (chœur actuel) devait être surélevé d’une douzaine de marches. Au-dessous se trouvait une crypte semi-enterrée abritant neuf autels.

sainte-croixA partir de 1706, l’église a été l’objet d’une modernisation. Le plafond a été voûté et tout l’intérieur recouvert de stucs décoratifs. Son espace intérieur fut élargi à deux bas-côtés et le dallage remplacé. La date de la fin de ces travaux est indiquée par un chronogramme  (1743). Un nouveau maître-autel fut installé dans le sanctuaire. Ce travail est attribué à quelques uns des meilleurs artistes liégeois dont Arnold Hontoire (1650-1709), Cornelis Vander Werck (1665-1742) et Englebert Fisen (1655-1733).

Dans la seconde moitié du XVIIIe, un grand portail néo-classique fut ouvert dans la façade occidentale, donnant un accès axial à l’église. L’avant-corps fut obturé et l’architecture romane de ses tribunes dissimulée. Le XIXe siècle fut un siècle de restaurations. En 1875, l’architecte Hyacinthe Dejardin, remplaça le parement des tours fort endommagé par un grès d’avoine jaune, et l’intérieur reçut un décor en faux marbre rouge, très en vogue à l’époque.

 

 

 

 

 Nef de la Collégiale Sainte-Croix.
Cette église a été bâtie sous le règne de Notge
r

 

En 1976, la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles décida de mettre en évidence l’architecture romane de l’avant-corps et sa spatialité spécifique. L’orgue de Merklin et Schütz placé en 1851 dans l’avant-corps fut démonté. En 1982, l’architecte Henri Debras fut chargé de la restauration de l’intérieur. Il supprima la grande porte du XVIIIe siècle pour retrouver l’entrée latérale.

En 1991, la restauration de l’entièreté de l’édifice fut confiée au cabinet p.HD. Des études préalables approfondies ont permis d’établir un projet de restauration englobant la restitution de la polychromie ancienne pour l’extérieur. Des fouilles ont pu montrer que le monument visible aujourd’hui n’est pas celui consacré par Godescalc de Morialmé. Dans le sous-sol ont été découvertes les substructures de deux églises antérieures dont l’une est probablement celle de 1015. Le monument d’aujourd’hui pourrait avoir été commencé à la fin du XIe siècle.

Saint-Barthélemy est depuis la démolition de l’église Saint-Thomas, l’église paroissiale du quartier. Elle abrite les célèbres fonts baptismaux (1107-1118), chef-d’œuvre de l’art mosan, provenant de l’ancienne église Notre-Dame-aux-Fonts, aux pieds Saint-Lambert.

Actions sur le document