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Histoire générale

 Un peu d'histoire...

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Photo : Alain Boos, Ville de Liège.

 

Liège trouve ses origines sur les rives de la Legia. La rivière qui descend de la colline forme, peu avant son embouchure dans la Meuse, une petite éminence où, dès les temps préhistoriques, s’installent les premières populations dont on conserve des traces d’activités. Avant la conquête romaine, l’ancien pays de Liège est habité par des peuplades gauloises (les Aduatiques, les Eburons, les Condruses…). Leur longue résistance à l’envahisseur se termine par l’annexion de la Gaule à l’état romain. Liège n’est alors qu’une villa, siège d’un important domaine agricole situé dans la circonscription administrative dont Tongres, sur la Chaussée Brunehaut, est le chef-lieu. Elle devient également le premier chef-lieu du diocèse. Dès le IIIe siècle, les Germains envahissent le territoire, en vagues successives, mettant fin à l’occupation romaine. C’est alors Maestricht, agglomération portuaire située sur la Meuse, là où la voie romaine traverse le fleuve en direction de Cologne, qui prend le relais, marquant l’importance économique croissante de la batellerie.

Depuis le IVe siècle, le christianisme s’est propagé sous l’action notamment d’évêques-missionnaires. Parmi eux, à la fin du VIIe siècle, un certain Lambert occupe le siège épiscopal de Maestricht. Il réside occasionnellement à Liège dans le domaine des évêques occupant le site de la villa précédente, à proximité d’une église dotée d’un baptistère et déjà dédiée à sainte Marie. Il y avait installé les reliques de son prédécesseur Théodard. C’est là que Lambert est assassiné, à la suite de rivalités entre clans familiaux, avant 705.

 

Hubert lui succède sur le trône épiscopal : ayant ramené à Maestricht la dépouille de son prédécesseur, il décide en 718 de l’inhumer sur le lieu même du martyre. Il recevra lui-même sa sépulture dans la basilique Saint-Pierre, l’une de ses fondations. Quelques décennies plus tard, le siège épiscopal sera à son tour transféré à Liège. Dès le milieu du VIIe siècle, la dynastie des Pippinides, installés comme maires du palais sous les rois mérovingiens affaiblis, a pris le pouvoir. Charlemagne, né aux portes de Liège en est issu. Il fait d’Aix-la-Chapelle sa résidence favorite : le cœur de l’Empire carolingien se trouve dans le diocèse de Liège.

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Après le partage de l’Empire de Charlemagne, la cité épiscopale a à subir les incursions des Normands. Son diocèse fait partie de la Lotharingie qui, rattachée à l’Empire en 925 devient un des bastions avancés du Saint-Empire et de la politique dite de l’Eglise impériale. L’un de ses évêques, le Souabe Notger (972-1008), reçoit en effet des empereurs ottoniens la juridiction temporelle sur des territoires qui lui sont concédés par les souverains, dont il devient en même temps le vassal. Ce sont là les origines de la principauté ecclésiastique de Liège dont le statut, semblable à celui d’autres territoires du centre et du Nord de l’Empire, subsistera jusqu’à la fin de l’ancien Régime.

Les villes mosanes connaissent alors un essor considérable, dont émerge une classe marchande de plus en plus présente dans le système politique. Sous l’épiscopat de Notger, Liège se dote d’une nouvelle cathédrale, d’une enceinte fortifiée et voit s’ériger de nouvelles églises collégiales et paroissiales, certaines encore debout de nos jours.

 

L’époque correspond à l’épanouissement de l’Art mosan dans l’orfèvrerie, la miniature, les ivoires, l’architecture.

 

En 1185, la cathédrale est incendiée. Elle est reconstruite dès le lendemain, en style gothique. L’Archéoforum témoigne aujourd’hui encore des aléas successifs de ce site.

En 1196, sous Albert de Cuyck, les bourgeois obtiennent leur première charte de libertés.

Après d’âpres luttes entre les évêques et les villes de la principauté, la Paix de Fexhe signée entre belligérants en 1316 devient la base de la constitution politique du Pays de Liège. Le pouvoir législatif est alors exercé collectivement par le prince-évêque et les trois Etats : l’état Primaire, composé des membres du chapitre de la Cathédrale Saint-Lambert, c’est-à-dire les chanoines tréfonciers ; l’état Noble, composé des grandes familles de la noblesse ; l’état Tiers composé des représentants des Bonnes Villes de la principauté.

Les bourgeois sont répartis en trente-deux métiers : c’est le XIVe siècle qui marquera leur véritable émancipation politique au sein du pouvoir communal.

curtius 11La suite de l’histoire est principalement jalonnée par une suite de luttes de pouvoir entre le prince et les bourgeois, entrecoupées de guerres et de périodes de paix, de destructions et de reconstructions. L’une des pages les plus sombres de la fin du Moyen Age est la conséquence des guerres entre la France, le duché de Bourgogne et la Principauté : Liège est mise à sac par Charles le Téméraire le 3 novembre 1468, après la prise d’autres Bonnes Villes et le massacre des « Six cents Franchimontois » portés au secours des Liégeois. La principauté devient pour quelques années vassale de la Bourgogne. Le Perron, symbole des libertés est transféré à Bruges. La principauté retrouvera ses droits en 1477.

Le règne du prince-évêque Erard de la Marck (1505-1538) est réparateur et brillant, en particulier pour Liège qui entame une ère de prospérité industrielle. En même temps, elle se met à la mode de la Renaissance et de l’italianisme. La ville se dote de remarquables édifices marqués par ce courant, parmi lesquels le nouveau palais épiscopal.

Le jeu des alliances, parfois maladroites du prince-évêque vaut à la cité, comme à d’autres Bonnes Villes du pays, d’être gravement bombardée en 1691 par les troupes françaises du maréchal de Boufflers. Liège prend lors de sa reconstruction un nouveau visage que l’on conserve encore pour l’essentiel aujourd’hui dans son cœur historique.

 

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Photo : Alain Boos, Ville de Liège.

 

Liège connaît au XVIIIe siècle une période particulièrement féconde dans le domaine des arts décoratifs Parmi les princes qui se succèdent, plusieurs sont alors issus de la famille de Bavière, les Wittelsbach, despotes mais amis des arts. Aristocrates, clergé et bourgeois sont eux-mêmes complices du pouvoir. François-Charles de Velbrück (1772-1784) apparaît par contre comme un prince éclairé. Le mouvement littéraire des Lumières mène à la Révolution française à laquelle les Liégeois ne restent pas indifférents.

1789 voit l’abolition des droits féodaux. Une convention nationale liégeoise est mise sur pied. Elle se rassemble en 1792 et ordonne en 1793 la démolition de la cathédrale Saint-Lambert. La majorité de la population désire l’annexion de la principauté à la France. La Convention française l’accepte en 1793. En 1795 est créé le Département de l’Ourthe. L’indépendance du Pays de Liège est révolue. En 1814, suite à la chute de l’Empire français, le territoire de l’ancienne principauté est réuni au royaume des Pays-Bas. En 1830, les Hollandais sont chassés : les soulèvements des Liégeois et leur  marche sur Bruxelles auront largement contribué à cette victoire. L’Etat belge est créé au Congrès de Londres et, le 21 juillet 1831, le prince Léopold prête serment à la Constitution.

Le XIXe siècle est marqué par l’essor industriel du bassin mosan au sein duquel Liège tient le rôle  de métropole économique grâce à son industrie sidérurgique et ses houilleries. La ville actuelle offre maints espaces, monuments et perspectives qui témoignent encore de cette prospérité.

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