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Août 2014 ::De la rue au musée : Jacques Dartois (1754-1848) et « L’Eloge de la Paix de Fexhe »

Une artère liégeoise

 

Si Jacques Dartois résonne davantage par rapport à la rue du même nom, il n’en reste pas moins un personnage d’importance que Liège a compté.

 

L’artère qui part de la place de Bronckart pour aboutir rue des Guillemins reçoit cette dénomination de « rue Dartois » en 1857. Tel est l’hommage rendu par le Conseil communal à la mémoire de cet orfèvre ciseleur.

 

 

Jacques Dartois

 

Baptisé le 2 mai 1754, Jacques Dartois voit le jour au temps de la « douceur de vivre » pour les privilégiés s’entend. Son père, Jean Melchior, est l’un des meilleurs orfèvres liégeois de la fin de l’Ancien Régime. A Paris, Jacques Dartois se perfectionne dans son art et revient après avoir remporté un succès certain. De son union avec Marie-Jeanne Malherbe, il ne laisse pas de descendant, leur unique enfant étant mort accidentellement. Jacques Dartois décède à Liège le 12 août 1848 et est, selon son désir, enterré à la Boverie de Lize-Seraing.

 

Une importante étude concernant l’orfèvre et son oeuvre vient de paraître1.

 

 

L’Eloge de la Paix de Fexhe

 

Le plus ancien relief ciselé à sujet historique de la production de Jacques Dartois porte le millésime de 1790. Il ne s’agit en rien d’une prestation de serment. Il met en scène le prince-évêque Charles d’Oultremont, au milieu d’une nombreuse assemblée. Sa main, ouverte, est au coeur de la composition. Elle est tournée vers un vieillard assis sur un siège surélevé par deux marches. Le haut du dossier est orné d’un relief qui représente un épervier pris dans des rets. C’est, selon l’idée du moment, le symbole du Tribunal des XXII, vénérable institution liégeoise instituée par la Paix de Fexhe en 1316.

 

Le prélat est bien loin de lever solennellement la main pour prêter serment, et c’est parfaitement normal, puisqu’il n’a jamais eu à jurer d’observer la Paix de Fexhe, si ce n’est dans le cadre de la capitulation élaborée par le chapitre cathédrale. Il se tourne vers un personnage identifié comme l’un des deux bourgmestres alors en fonction, Georges-Albert de Goër de Herve, reconnaissable à la « clé magistrale » qui pend à sa boutonnière. Dans son dos est présent le colonel Théodore-Antoine de Berlaymont, en attirail militaire (grand sabre courbe à la hongroise et sabretache aux armes de la principauté et du prince-évêque).

 

Tout contre le siège, touchant du pied la marche inférieure, se tient vu de dos, Maximilien de Geyr de Schweppenburg, chanoine de Saint-Lambert, abbé de Visé, membre du Tribunal en 1742 et 1744.

 

Jacques Dartois confère à la plupart des visages une personnalité bien marquée.

 

Le relief est dédié à un comte d’Oultremont de Wégimont. C’est un des fils de Jean-François-Georges, soit Charles-Ignace-Jacques (1753-1802), soit Adrien-Jean-Baptiste-Théodore (1758-1798).

 

L’Eloge de la Paix de Fexhe est exposé en 1957 au Sterckshof à Deurne, puis aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, et en 1958 à Dinant.

 

 

 

Soo Yang GEUZAINE
Collaboratrice scientifique - Arts décoratifs du Grand Curtius
 

1 Pierre Colman et Soo Yang Geuzaine, « Jacques Dartois orfèvre et ciseleur liégeois (1754-1848), in Bulletin de l’Institut archéologique liégeois, tome CXVIII, Liège, 2014, p. 193-261.

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